La Lune
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 13:50 - textes - Lien permanent
Avant l’impact, la cible est déjà bouleversée.
D’un impact précédent, à peine relaxée,
Cette cible est massive, presque déjà la Terre.
Des roches abritent au fond, un cœur liquide de fer.
Encore fumante de chocs anciens, elle rayonne,
Et en surface, peut-être, la lave tourbillonne.
Le projectile, semblable, d’une même histoire violente.
Mais d’une taille inférieure, de Mars plutôt parente.
Aussi bien vos destins eurent pu être analogues,
Les dés pourtant décident de cet autre épilogue :
Tu te fondras, modeste, donneras tes kilomètres
Cube à cette belle figure, issue de vos deux êtres.
Petit, certes, tu hésites, mais la gravitation
Ne s’embarrasse de rien (excepté ton rayon ?).
Ta masse ne pèse pas lourd, la proto-Terre t’attire
Tout alors va très vite, déjà le point de mire.
Cette orbite héritée de chahuts innocents
Distingue ta course unique, d’autres corps turbulents.
L’angle importe car il forge, et la géométrie
Et la teneur en fer, dont elle sera pétrie.
Des mers de pierre témoignent, glorieuses cicatrices
De l’énergie grandiose, dont elle fut réceptrice.
Cette Lune ne se soucie qu’on la trouve ennuyeuse
Puisqu’elle recèle au fond, une jeunesse heureuse.
Et prenant aujourd’hui l’instant d’une saison,
Pour trois fois se tourner gardant l’inclinaison
Porter plusieurs croissants, et disparaître un temps.
Chauffer la nuit des gens, plaire enfin aux enfants
Suffit à son train train, car au fond, elle espère,
Qu’un jour viendra bientôt où elle sera la Terre.