Pour voir des photos de la grande baie outrée, on peut aller sur http://www.grandebaieoutree.fr. Et il paraît qu'il y aura bientôt des sons à écouter !
mercredi, 24 novembre 2010
Bientôt des sons
Par ouiabmestre CMS le mercredi, 24 novembre 2010, 11:54 - mp3
mardi, 10 novembre 2009
Saturne
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:14 - textes
Je fais mes sacs – je m’en vais
Vers un endroit où l’air est frais
Sur Saturne
Où l’on ose voir les problèmes en face.
On ne lance pas des guerres comme vous le faites
On fait nos affaires en esthètes
Sur Saturne
Tous vos crimes nous semblent être une impasse.
Vos paroles sont vides de sens
Vos directions ne mènent à rien
Votre monde touche à sa fin,
Il est rance.
Vos grands hommes, pourtant, vous ont dit
Que le bonheur ne s’achète pas,
Dites-moi, pourquoi êtes-vous là,
Tout refroidis ?
Je…
Retourne vers Saturne aux anneaux étranges,
Rayons de lunes, neige orange,
Sur Saturne.
Les gens vivent jusqu’à deux cent cinq ans.
Retour sur Saturne où chacun est gai,
Pas d’autos, car on sait voler,
Sur Saturne
Il n’y a pas de bonheur plus grand.
Nous sommes venus ici plusieurs fois :
Vous cherchez la paix en donnant la guerre.
Vous tuez hommes, femmes, enfants, sans même leur faire
Savoir pourquoi.
Comment croire vos déclarations ?
Droits de l’homme, bible et fière allure
Et ce froid sourire sur vos figures
Qui dit : « vous êtes des pions ».
Retour sur Saturne aux anneaux de miel,
Aurores boréales, arcs-en-ciel.
Sur Saturne
Les gens vivent jusqu’à deux cent cinq ans
Elise et le Doktor Lang
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:13 - textes
Rien ne te sert de courir, tu finiras par pourrir
et ça gâte ton teint blanc
Tu te hâtes mais à quoi bon ? puisqu’enfin tu tournes en rond
et le diable est au volant
Doktor Lang mesure les seins de ses patientes
Et note les chiffres dans un tiroir
Ta mère, elle ronge son frein, elle remet tout au lendemain
et elle s’étiole à pas lents
Ta mère pleure de ne savoir, ni le sens de ton histoire
ni la teneur de tes plans
Doktor Lang monte à cheval tous les dimanches
Et sa cravache dort avec lui
Tu ferais mieux de quitter Evers, tu découvrirais d’autres mœurs
je connais quelqu’un à Milan
Les gens ici dévorent ta vie (broyer ton être les ravit)
comme les porcs le font des glands
Doktor Lang mange du vinaigre, boit du citron à chaque repas
Et chaque acide est un délice
Champs élysées
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:12 - textes
J’suis au gouvernement,
J’ai prév’nu mes parents
Y’a Rachida Dati, Nicolas Sarkozy…
J’suis au gouvernement,
C’est mieux que le parlement.
Il y a Roger Karoutchi, Michèle Alliot-Marie,
J’te dis, y’a des gonzesses, j’aime Valérie Pécresse,
Surtout,
J’voudrais qu’è s’fasse des tresses, ou un chignon d’hôtesse,
C’est tout.
J’suis au gouvernement,
C’est pas pour les émoluments
Il y a Jean-Pierre Jouyet, Kosciuzko-Morizet
Je suis au gouvernement,
On a quand même des défraiements
Il y a Jean-Louis Borloo, Morizet-Kosciuzko
Je croise Eric Besson, l’est pas vraiment si con,
faut voir.
Transpire dans son veston, on lui donne pas un rond,
placard…
Je suis au gouvernement,
Ça fait des mécontents.
Y’a Brice Hortefeux, et aussi un petit vieux.
Je suis au gouvernement,
Il y en a qui parle allemand.
Il y a Laurent Waucquiez, Michel Barnier,
Xavier Bertrand exhorte, les ministres en cohorte,
Sérieux.
On s’tape Bernard Laporte, on rit, on se fend l’aorte,
Au lieu.
Je suis au gouvernement,
Tout le monde est au courant.
Y’a Brice Hortefeux, et aussi un petit vieux.
Je suis au gouvernement,
Je serai peut-être président.
Y’a Nadine Morano, Et puis Roseline Bachelot.
Kouchner est jamais là, son taf est l’plus sympa,
Tranquille
Tout le monde est pas comme ça, mais lui aussi flatte le roi
Servile
Je suis au gouvernement,
Je resterai au firmament.
Il y a Jean-Marie Bockel, et puis il y a Luc Châtel
Je suis au gouvernement,
Fiers seront mes enfants.
Il n’y a pas Alain Juppé, ni Jean-François Coppé.
Jackson
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:12 - textes
Au foot, je joue encore les week-ends.
Passé l’âge des pères qui s’enfilent des cannettes
Au bord du terrain, une glacière pour buvette,
Qui nous insultent plus qu’ils ne soutiennent.
On y va seuls, c’est déjà ça.
Même si au fond, les autres gars,
Ne sont déjà plus des amis
Dernière saison au club, j’ai dit.
Toutes ces chouettes filles de mon quartier,
J’ai du mal à voir où elles veulent en venir.
Elles sont partout autour, je les entends rire,
L’une d’elles habite sur mon pallier.
Je ne décode pas les mines qu’elles font,
Saisis trop tard leurs allusions.
Je me dis, des fois, c’est comme des Indiens :
En fin de compte, j’y comprends rien.
Y’a bien une fille, qu’est différente,
Je me dis qu’un truc va arriver
Que mon second rôle deviendra premier
Qu’il y a un endroit où mon heure sonne
Quand même il y a des portes qui s’ouvrent
Comme la musique que je découvre
Je n’aime pas trop Michael Jackson
Je tue des bêtes
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:11 - textes
Le grillon.
Sur la grande pelouse. D’abord tu l’entends.
Le trou est là. Eau, feu, fumée…
Tu peux souvent l’avoir vivant.
Mets le dans une boîte, joue avec longtemps.
Les chats perdus.
Il y en a toujours, ils ont pas de chez eux.
Les punks font ça, ont des seringues.
Remplies d’éther, ils piquent le chat.
Zigzague sur vingt mètres, crève dans un buisson.
Les mouches, facile,
Après le printemps, c’est le bon moment.
Elles t’agacent, les grosses, c’est mieux.
Ne la tue pas, ne l’abîme pas.
Une aile après l’autre, et chacune des pattes.
Le poisson,
Rouge comme une saucisse, on le baptise Strasbourg,
On s’est battus, on l’a enfin.
Dans le bocal, on le nourrit trop
De paillettes puantes ; il crève de surbouffer.
Le passereau,
Comme Mao l’a dit, on tue des oiseaux.
A la campagne, c’est mon cousin.
Une carabine qu’il tient en main.
Paf, l’oiseau tombe, juste sur ma botte.
La souris.
Depuis qu’on en parle, il faut qu’on agisse.
Mon père a mis de la mort aux rats.
J’attends longtemps, chaque jour, je guette.
Rentré de vacances, la cave pue la mort.
Merde à la nuit
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:09 - textes
Merde à la nuit
Qui grossit quand on gèle
Et nous lie à Auschwitz
Et nous largue à New York
Merde à la nuit
Qui nous trouve solitaires
Et guide nos pas anxieux
Vers l’assemblée factice
Merde à la nuit
Où une idée est belle
Parce que l’alcool l’habille,
La fatigue la grandit
Merde à la nuit
Quand la pluie n’est que froide
Et les rues bleues d’Evers
Où court un sommeil dense
Merde à la nuit
Qu’une seule ronde anime
Celle de la police
Et sa mélodie triste.
Merde à la nuit
Quand le ministre dîne
Et le dentiste dort
Heureux chacun du sort
Merde à la nuit
Où les chattes sont toutes grises
Et qui prend à la vie
Les heures les plus propices
Merde à la nuit
Qui finit par durer
Et par tout engloutir
Comme l’ancre au fond d’un port
Le glas
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:08 - textes
Ecoutez, on sonne le glas.
D’une horloge qu’on ne remonte plus,
Désormais.
Aux pieds du fauteuil, les jambes d’Hélène,
Encore ce qui est le plus humain, en formes,
Des bas jusqu’au genou.
Le reste, boursouflé. Poches vides, bleuies…
La figure débile encore, obstinée Hélène.
Des poils blancs, les lunettes intactes.
L’horloge encore, au quart d’heure.
Volets mi-clos, le soir qui vient.
Un parquet qui s’ennuie.
Avant le pourrissement,
Le chandail enveloppe encore,
Les odeurs.
Comme c’est ridicule,
Comme on l’avait prévenue,
Elle savait.
Avant le prochain quart,
On frappera. On trouvera Hélène.
A l’aube.
Le cri des visons
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:07 - textes
Aucune sonnerie ne vous réveille ? Dormir vous est un nirvana ?
C’est qu’à la cheville de mon sommeil, Se hisse votre amour pour vos draps.
Moi, c’est Aneke qui m’en tire, De mes rêves, cette nuit-là.
Trois heures du matin, le martyre, Enfilons nos fringues de combat
Manger un bout, de son gruyère ? Ou d’une manière de salami ?
De l’appétit, je n’en ai guère, A cette heure-là, ma bonne amie.
Je prends un café, faut conduire : Le laboratoire est distant,
En route, je tente de la séduire, Il faut bien faire passer le temps.
Devant les grilles, on nous attend, D’autres se sont levés aux aurores.
Le chef déroule pour nous le plan : Mon rôle est grand, je suis d’accord.
Tous sont vêtus de capuches sombres, Je ne comprends rien quand ils chuchotent.
Dans les couloirs, comme autant d’ombres, Nos mines rappellent le Don Quichotte.
Enfin les visons sont en vue,
Le calme entoure nos derniers pas.
On entendrait rêver les mouches,
Puis un costaud brise les cadenas.
Mais c’est un concert imprévu,
Du genre d’ampleur qu’on n’attend pas,
Les torches sans doute les effarouchent,
Ils claironnent genre Copacabana.
En une seconde, on passe en revue,
Les solutions pour ce faux-pas…
Mais on admet, effet d’une douche,
Qu’il faut laisser les visons là.
Poisoning dogs (2)
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:05 - textes
qui a bien pu tuer ces chiens ?
c’est un salaud, c’est pas humain.
faut pas compter sur la police,
il nous faut monter une milice
la rancoeur fermentée, la fureur remplit l’air
et s’est échafaudée la « tempête du désert »
le bâtard rit, jouit de son vice,
Sultan est mort, un long supplice,
où c’est qu’il est ? il a la trouille,
si moi j’le trouve, j’lui coupe les couilles,
la vengeance qui soulage, c’est « tempête du désert »,
car ici tous enragent, leur survie est amère.
comme un démon, ce lâche nous souille
comme des déments, menons les fouilles
et en fin de course, but du rallye,
on tranche ses bourses comme hallali !
de toutes les perversions, sa folie est la mère,
un homme sans religion, dit le prêtre dans sa chaire
il y a ce type, prénom Ali,
et son équipe, tous du Mali,
sourient bêtement, s‘foutent de notre gueule
de petits blancs, qu’est-ce qu’il nous veulent ?
quiconque rencontrera la « tempête du désert »
amer il regrettera, les jupes de sa mère
ah, c’est un lâche, il est bien veule,
il rira moins dans son linceul
car à quoi bon le règne humain ?
j’préfère mes poules à mon prochain.
Dubaï
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 14:02 - textes
Viens à Dubaï avec moi, On sera traités comme des rois
Luxe, calme, limousine,
Ça fait penser, une fourmilière, toujours on transporte de la terre,
Ils prennent du sable dans le désert, et sur la mer font des polders
Les îles sont vraiment super, belles, y’en a en forme d’ombrelle,
Il y a des tourterelles, peut-être un violoncelle…
Viens à Dubaï avec moi, j’connais la ville su’l’bout des doigts,
L’aéroport, les hôtels.
Tu vois un peu Las Vegas ? là c’est pareil mais en palace.
Au lieu d’te traîner des radasses, les filles ont toutes la super classe.
Il y a un hôtel sous-marin, Vingt mille lieues et tout le machin,
Tu prends ta chambre, tu te doutes de rien – derrière ton hublot, des requins !
Viens à Dubaï avec moi, Là-bas, c’est toi qui fais la loi,
Dollars, dinars, milliards,
Y’a un festival du shopping, que du jet-set, que du standing,
Tu laisses ta femme dans son Boeing et puis tu surgis sur le ring.
Et tu fais chauffer ton Amex, ployer ton bras sous les Rolex
Tu t’enivres à coup de gros chèques, jusqu’à oublier toutes tes ex.
Viens à Dubaï avec moi, jamais t’oublieras cet endroit,
Unique, dément, grandiose,
Tout ce que tu veux, comme faire du ski, mettre des perles dans ton whisky,
Tu rêves de quoi ? Tu penses à qui ? rien ici qui ne puisse être acquis.
Les buildings les plus haut du monde, c’est plus à Taïwan qu’ils se pondent,
Les plus beaux culs des plus belles blondes, Et même, je crois bien, la Joconde.
Ma bite
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 13:59 - textes
Ma bite et moi, on s’entend bien,
Et quand je la trompe, elle prend l’air de rien…
Je vais au cinéma, elle vient avec,
On voit Ordet, elle ferme son bec.
Et les jours d’après la séance,
Elle fait celle qui ne se souvient plus.
On a des émotions communes,
Ce qu’elle trouve beau, tenez, la lune,
Je l’aime parfois bien aussi
Mais mon goût me semble plus varié.
Ma bite et moi, on a fait du chemin,
On a le même âge depuis gamin.
Tout ce que j’avale, ma bite le pisse,
Pas de congé, pas de caprice,
Même si dans les urinoirs,
Celles d’autres types semblent plus dociles.
Ma bite, elle est carnivore,
Rouge, rose ou blanche, ce qu’elle adore,
C’est la chair fraîche, c’est la chair cuite.
Et les légumes, elle s’en passerait.
Ma bite et moi, on cohabite,
Pourtant, c’est étrange que ça dure.
Sur ce chapitre, elle se tient coite,
Mais je la soupçonne d’être de droite.
Du genre à s’émouvoir du jité,
Compassionnelle, pas trop futée.
Elle a bon fond, c’est pas le problème
Ce serait même un théorème.
Et moi, plutôt casanier,
Ma bite n’a d’intérêt que pour les autres.
Poisoning dogs (1)
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 13:57 - textes
Balthazar.
son ventre brûle – il ne dort pas
se hisse hors du panier qui abrite ses nuits.
où aller ? le carrelage est froid – il ne le sent pas.
marche comme un ivrogne, vomit un peu de noir
puis glisse dans cette flaque et crève ainsi, lamentable.
près d’une grange,
dans une cage tout le temps, n’en sort
que pour la chasse. souvent, il a faim, il enrage.
et, est-ce alors qu’il avale cette boulette de viande
qu’on avait frelatée ? dans une telle échappée ?
un court chemin de pierre ? au frais d’une clairière ?
Sultan il s’appelle,
il court après des biches, licornes,
s’étend dans l’herbe, y pleure, lèche la rosée qu’on trouve.
brûle chaque minute hors de la cage honnie
où il rentre pourtant. car c’est ainsi qu’il vit,
obéissant toujours, jamais ne protestant.
Sultan crève.
dans la cage on le trouve, raidi.
un mystère pour la ferme, ce mal qui le terrasse.
Sultan inoxydable qu’on retrouve déglingué,
à l’abdomen qui enfle et dont chaque orifice
écoule un miel puant. son corps semblait hanté.
prenez, Patate
une chienne à peine adulte et jaune.
griffon à poils mi-longs, et trois chiots qu’elle allaite
ils tètent encore, en vain, et s’étonnent quand même
de la trouver si froide et qu’elle soit immobile.
il faut les écarter, peut-être est-elle toxique…
campagne autour d’Evers
plusieurs bergers allemands, crevés,
le long de routes calmes, ils semblent foudroyés.
et parfois ces boulettes qu’on trouve à leur côté.
certaines encore intactes, d’autres à peine avalées.
quel pervers a semé ces cailloux maléfiques ?
À rebours
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 13:54 - textes
Juste au sortir d’Evers (quatre voies vers Saint-Boulon),
Un bel embouteillage occupait l’autre sens
Qui rejoint la rocade. À chaque fois, j’y pense,
C’est ceux qui bossent en ville qui se tapent le bouchon.
Moi, c’est à la campagne que j’ai ma situation
À quarante kilomètres, on a mis des bureaux,
Dans des pavés blancs ternes, issus de subventions :
Le « Carrefour des Estuaires », y’a que des métiers sots…
Un matin indistinct, gris comme ses voisins,
Sauf que l’embouteillage résulte d’un accident.
À cent mètres du périf, un beau modèle allemand,
Avait été conduit jusque dans un terre-plein.
Voilà mon analyse après bref examen.
Je regardais la route en croisant tous ces gens
Je savais leur futur, eux encore incertains
De la cause de ces flèches qui clignotent en avant.
J’ai croisé une voiture
Où était cette femme.
Une parmi tant d’autres,
Je l’ai peut-être pas vue.
Ou juste son visage
À plus de cent à l’heure.
Les feux l’ont avertie,
Ceux de ceux plus avant
Et l’ont hissée hors de la transe.
Elle ralentit bien sûr,
Ne pas rentrer dedans.
Elle se réveille en somme.
La radio, elle fait mine
De l’entendre. Autour d’elle,
Elle observe, une aubaine ?
Une échappatoire ?
Non, tout est bloqué là.
Et elle s’est résignée.
Il a fallu qu’elle stoppe
Comme ça, pour qu’elle comprenne
Que la radio l’ennuie.
Ces types chaque jour les mêmes
Ont un avis sur tout.
De chaque sujet savants…
Comment peut-on y croire ?
Eux font pourtant comme si
Et elle fidèle, elle reste.
C’est une station sans pub,
Je pense que c’est pour ça.
Et puis, les écoute-t-elle ?
La guerre, par exemple,
Ils nous l’avaient bien dit,
Mais avec tous ces cons,
Personne ne les écoute.
Eux ils ont un remède,
Mais qui aura le courage ?
Le cinéma aussi,
Voire même un livre peut-être.
Bon, n’exagérons pas,
Pas tout le monde est là,
À ne rien écouter.
Y’en a des attentifs.
Qui disent à la cantine
L’édito du matin.
Pourquoi pas la musique ?
Elle a bien des cds
Qu’elle sort parfois, pas toutes,
Aux moments d’apparat.
Mais le chanteur l’emmerde.
Il y a là, une sortie…
Bloquée, tu penses, quelle merde.
Elle voit fumer un type.
L’imiterait volontiers.
Mais elle n’a rien sur elle.
Un téléphone portable ?
Mais qui appeler alors ?
Sa mère, tu parles, quelle plaie…
Pas son connard de frère.
Des amis ? Quels amis ?
La radio continue.
Un professeur explique
Les volcans et leurs bulles
Qui connectent leurs gaz,
Et font un continuum
En lieu du fluide visqueux.
Et de l’air incorporent…
Mais quel animateur,
Vraiment un misérable,
Il n’entrave vraiment rien.
Honte sur sa bêtise.
Elle, elle s’en fout de ça,
N’écoute pas même un peu.
Son boulot est pénible,
Elle n’est pas reconnue.
Après de telles études,
Elle pourrait tout plaquer.
Tiens, c’est vrai, à quoi bon ?
Ces collègues à la con.
Et son chef au sommet !
Pourquoi ne pas partir,
Tenter un demi-tour
Et marcher dans la brume.
Tous ces champs alentour,
Elle n’en connaît aucun…
Arrive le carambolage.
Une berline est encastrée.
La voiture est familière :
Celle du chef abhorré…
Elle ira au bureau,
Tant de choses à discuter.
La Lune
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 13:50 - textes
Avant l’impact, la cible est déjà bouleversée.
D’un impact précédent, à peine relaxée,
Cette cible est massive, presque déjà la Terre.
Des roches abritent au fond, un cœur liquide de fer.
Encore fumante de chocs anciens, elle rayonne,
Et en surface, peut-être, la lave tourbillonne.
Le projectile, semblable, d’une même histoire violente.
Mais d’une taille inférieure, de Mars plutôt parente.
Aussi bien vos destins eurent pu être analogues,
Les dés pourtant décident de cet autre épilogue :
Tu te fondras, modeste, donneras tes kilomètres
Cube à cette belle figure, issue de vos deux êtres.
Petit, certes, tu hésites, mais la gravitation
Ne s’embarrasse de rien (excepté ton rayon ?).
Ta masse ne pèse pas lourd, la proto-Terre t’attire
Tout alors va très vite, déjà le point de mire.
Cette orbite héritée de chahuts innocents
Distingue ta course unique, d’autres corps turbulents.
L’angle importe car il forge, et la géométrie
Et la teneur en fer, dont elle sera pétrie.
Des mers de pierre témoignent, glorieuses cicatrices
De l’énergie grandiose, dont elle fut réceptrice.
Cette Lune ne se soucie qu’on la trouve ennuyeuse
Puisqu’elle recèle au fond, une jeunesse heureuse.
Et prenant aujourd’hui l’instant d’une saison,
Pour trois fois se tourner gardant l’inclinaison
Porter plusieurs croissants, et disparaître un temps.
Chauffer la nuit des gens, plaire enfin aux enfants
Suffit à son train train, car au fond, elle espère,
Qu’un jour viendra bientôt où elle sera la Terre.
Le clown
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 13:45 - textes
Faire de toi un poète aurait comblé ta mère.
On aurait fait la fête à ton premier quatrain…
Mais le hasard s’entête, capricieux, nécessaire,
Et poussa ta barquette sur un autre chemin.
Tu offrais tes gamètes comme on donne la main
Tant de belles pécores s’en disputaient le gain
Et cette chère blonde tête que livra un matin
Le ventre d’Isadore, son sang était le tien.
Profitant d’une croisière, tu t’enfuis aux aurores
Pour connaître la mer, plutôt qu’un nourrisson.
De l’enfant, de la mère, peu t’importait le sort
Lâcheté en bandoulière, classe jusqu’au caleçon…
Tu découvris la Terre, et conquis la toison
De nombreuses pauvrettes, d’Islande en Oregon.
De multiples cimetières, tu oublias le nom,
Points d’orgues à la quête de plusieurs compagnons.
Tu fis le chercheur d’or, un peu anachorète.
Tu fis le matador, banderilles à l’envers,
Et l’on rit bien encore, au souvenir de la tête
Qui fut la tienne alors, au cœur de la poussière.
Puis tu fus un clown rouge et or ,
Voleur habile, plein de malice.
Parcourant d’abord les gradins
Chargé de pralines, pains d’épices.
Ta gaieté fit inclure des bouts
De farce comme interludes au cirque,
Où tes acrobaties pataudes
Firent le succès du maçon Dirk.
Des chiens dressés tournaient au pas
Levaient la patte comme un qui pisse
Sautant vers toi, faisant des bonds
Et mimaient des assauts factices.
Tu trébuchais, pestais sans cesse
Mettais en scène ton avarice
Refusant l’aumone au jeune type
Qui te tenait lieu de complice.
Ne trouvant plus ton cher trésor
Tu te plaignais à la police
Dénonçais l’autre, criais très fort.
Et faisais rire jusqu’en coulisse.
Et la rumeur dans tout le Mexique
Drainait les foules de sombreros
Et la clameur du chapiteau
Faisait écho au numéro.
Après d’autres tempêtes, d’autres coups, des revers,
Tu rentres à la maison, vieilli, et sans confrère.
Te trouves ainsi tout bête, ni prince, ni même mister,
Au village où ton nom ne parle plus qu’aux rivières.
« Ta mère ? sous le sapin. », la voisine montre un tronc.
De toi, on attend rien, pas même payer les dettes.
Tu rêves encore d’une main, de trouver l’unisson
Un réconfort serein, un corps chaud, une couette.
Que tes fredaines d’alors, tombées aux oubliettes,
Une belle te croie sincère, te recueille, se soumette.
Quel orgueil, matamore ! que ferait-elle de tes miettes ?
Ton charme est de naguère et ton aura est blette.
Et la rumeur dans tout le Mexique
Drainait les foules de sombreros
Et la clameur du chapiteau
Faisait écho au numéro.
Tentative d’épuisement des t-shirts
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 13:26 - textes
T-shirt d’un autre siècle, d’un autre millénaire.
Sa forme est de naguère, sa couleur d’outre ciel.
Très vieux, ton T-shirt.
T-shirt brillant qu’on plaque sur un torse, élastique.
Un corps qu’on entraîne, un peu court, un peu enflé.
Comme un maillot de sport
T-shirt identique plus tard, qu’un ventre déforme plus bas.
Pirelli, Mc Donalds, Danone, Crédit Lyonnais.
De la bière aussi sans doute.
T-shirt vert comme une pomme, comme aucune pomme n’est verte.
T-shirt vert comme les lunettes qu’on dirait faites exprès.
Uni, douze ans, parfait.
T-shirt Che Guevara, Che Guevara martyr ?
Che Guevara satan ? Che Guevara satyre.
Che Guevara marrant.
T-shirt anglophone blanc, où figure un slogan
« I like girls who like girls »
Un drôle de type le porte .
T-shirt mauve élégant qu’une poitrine creuse doucement
Et qui l’accepte, la comprend.
Les seins de Mme Schlesinger
T-shirt bandessinée, un peu trop large sans doute.
Le dessin d’un porc, d’un vent hors de l’anus hideux.
« Je pète la forme »
T-shirt américain, Brooklyn, New-York, là-bas.
T-shirt voisin, Motown, qu’une barbe douce envahit.
A-t-on fait le voyage ?
Enfin un T-shirt mauve, orange, marron et rose
Des spirales, des rosaces, un carré circonscrit.
Est-ce un T-shirt d’ailleurs ?
La romance âcre
Par gael le mardi, 10 novembre 2009, 12:30 - textes
J’aurais voulu t’aimer, mais t’es trop con, tu vois,
Tortueux, infime et rance
Lui est beau, sait chanter, un blouson vert comme ça,
Il chante, tu pleures, je danse
Je me fous de ces gens, être fleur ne dure pas
Le temps de l’innocence
Tu tripotes, tu t’empêtres, tu trippes jusqu’à la transe
Tempérament idiot
Il lisse ses cheveux, c’est là son élégance
Les sertit d’un bandeau
Je donne mon cœur, mes hanches, certes sans assurance
Mais sans dièse, ton est faux…
Chéri, tu m’exaspères, avec tes menthes à l’eau
Il a l’alcool béat !
Il m’emmènerait en France, qu’au fond de tes sirops
Tu ne bougerais même pas…
Voilà ta dernière chance, après, ce sirocco
Aura raison de toi
mardi, 27 octobre 2009
Larme blanche
Par gael le mardi, 27 octobre 2009, 01:04 - textes
antiword larme_blanche.doc
Larme blanche
Au milieu des courgettes, Li s’allonge et ressasse : Qu’ils sortent de sa tête ces légumes qu’elle ramasse. Les champs attendent, végètent, et rien ne les tracasse Car Li seule les inquiète, des fleurs le rire se casse.
Baiser, chanter, pleurer, dormir…
Rien ne sert qu’elle s’entête, si ce jeune homme l’efface. Qu’elle tente une reconquête, c’est lui qui a les as. De fumer il arrête. Li redoute à sa place Qu’outre de cigarettes, d’elle aussi il se passe.
Crier, danser, pleurer, mourir…
Rien ne sert qu’elle enquête, ils ne laissent pas de traces. Mais est sûre de son fait : de cette autre pétasse. Du printemps et des fêtes, elle peut croire qu’il se lasse. Et des baisers qu’elle prête, par d’autres il les remplace.
Rager, pleurer, vaquer et lire…
Les courgettes enfin prêtes, les cageots laissent place, Aux fleurs jaunes un peu blettes, et cette odeur tenace. Comme Li, tenace en fait, elle s’extrait de la nasse., Oublie ce faux prophète, elle a une autre classe.
Pleurer, pleurer, pleurer et rire.